Bilan météo millésime 2012 

 Commentaires :

L’hiver 2011-2012 n’a véritablement commencé qu’à la fin du mois de janvier avec une première apparition de neige le 30. Ensuite, le gel s’est installé de façon permanente jusqu’au 12 février avec un peu de neige bienvenue pour protéger le sol car les températures ont fréquemment oscillé entre – 10° et – 15°. A partir du 22 février, les t° journalières franchissent la barre des 10°. Le début du mois de Mars est marqué jusqu’au 14 par des t° diurnes très douces comprises entre 10 et 15°, puis du 16 au 28, on assiste à un véritable temps printanier avec des t° en journée proches des 20° mais les nuits restent fraîches avec de fréquentes gelées blanches. La première quinzaine d’avril est marquée par un temps frais, couvert et venteux. Les nuits restent fraîches avec quelques légères gelées blanches. A noter une gelée au sol assez sévère la nuit du 16 au 17 (-1 voire - 5 selon les implantations). La seconde partie du mois reste anormalement fraîche et humide excepté les 3 derniers jours où les températures grimpent au delà de 20°. La première décade de mai confirme puis le temps se rafraîchit nettement avec des gelées blanches les 13, 14 et 17 et avec des averses de grêle le 15 et le 16. En fin de mois, le temps est plus sec et les températures atteignent les 25°. La première quinzaine de juin est marquée par la douceur (légèrement supérieure à 20°). L’été arrive le 26 avec des températures comprises entre 25 et 30° jusqu’au 7 juillet. Suit une quinzaine à nouveau plus fraîche avant que des températures plus proches des normales saisonnières ne fassent leur retour jusqu’à la fin du mois d’août. Le mois de septembre se caractérise par des températures diurnes assez douces mais les nuits sont plus fraîches (proches de 10°) et la dernière nuit du mois voit l’apparition d’une première gelée au sol. La première semaine d’octobre reste douce puis, du 8 au 11, les nuits se rafraîchissent avec des gelées au sol. La seconde quinzaine voit remonter les t° diurnes qui se maintiennent au-dessus des 20° durant une semaine entière. En fin de mois 3 nuits gélives brûlent le feuillage des vignes.

 En ce qui concerne les précipitations, la forte pluviosité de décembre et janvier (221 litres) vient compenser la sécheresse du mois précédent (4,5 litres en novembre) d’autant que Mars sera à nouveau déficitaire (12,5 litres). En avril, quelques averses peu intenses contribuent péniblement à réhydrater la terre. Le début mai sera bien arrosé mais, au global, le mois reste dans les normes. Le mois de juin est régulièrement et copieusement arrosé (100 litres). Juillet se poursuit sur la même lancée (100 litres) avec des orages le 27 et le 28. Par bonheur, les mois d’août et septembre sont bien plus secs (31 et 35 litres) mais octobre (93 litres) est à nouveau très pluvieux.

Conséquences pour la vigne : 

 Les très basses températures de février n’ont pas eu d’incidence fâcheuse sur la vigne. Les températures diurnes élevées du mois de Mars réchauffent le sol malgré la fraîcheur des nuits et les premiers signes de débourrement semblent se manifester vers le 25.

Par contre la grande fraîcheur du mois d’avril a contrarié le démarrage de la croissance et provoqué un retard important de la végétation que l’on a pu vérifier, par la suite, à chacun des stades phénologiques. Cela a fragilisé les défenses naturelles de la vigne et l’a rendue plus sensible aux maladies cryptogamiques d’autant plus que les conditions climatiques qui ont suivi leur étaient favorables : alternance de périodes très humides puis très chaudes. Dans les endroits exposés, une gelée sévère la nuit du 16 au 17 avril (-1 voire -5 selon les implantations) a entraîné des dégâts relativement limités. Il en sera de même avec les gelées blanches des 13, 14 et 17 mai.

 Les premiers signes de floraison apparaissent vers le 20 juin et, 5 belles journées sèches, venteuses et ensoleillées du 25 au 29 la confirment sur les vignes les plus avancées. Mais, globalement, le temps froid et pluvieux a entraîné la formation d’un faible nombre de grappes avec peu de grains par grappe et souvent du millerandage. Côté sanitaire, les 100 litres de pluie bien échelonnés sur le mois nous ont contraints à de nombreux traitements préventifs car toutes les conditions étaient réunies pour favoriser une pression importante des maladies (surtout le mildiou).

 La première semaine estivale de juillet, avec des t° comprises entre 25 et 30° survenant après la pluviosité importante de juin entraîne, en de nombreux endroits, l’apparition, parfois virulente, de mildiou et plus rarement d’oïdium. La situation ne s’améliore pas par la suite puisque la période du 8 au 21 est marquée par un rafraîchissement important (+/- 20°) accompagné de fortes précipitations (56 litres). Suivent 6 jours caniculaires proches des 30° mais qui se terminent par des orages avec 36 litres d’eau favorisant à nouveau le développement du mildiou et, en certains endroits, son implantation sur les grappes. Le mildiou a particulièrement frappé dans les endroits où l’humidité stagne faute d’aération. Il a infesté les grappes en développement en particulier sur les cépages moins résistants. La pourriture grise a été relativement bien maîtrisée. Une fois de plus, ceci doit nous inciter à tout mettre en œuvre pour rechercher la meilleure aération possible de nos vignes : éviter le foisonnement de la végétation, soigner le palissage…

 La deuxième décade du mois d’août, sèche et franchement estivale avec des nuits chaudes et des températures diurnes comprises entre 25 et 35° voit apparaître les premiers signes de véraison vers le 10 pour les cépages précoces comme le Sieger et vers le 25 pour les Pinots. Le temps sec et chaud contribue à stopper l’évolution du mildiou jusque là très actif. La première décade de septembre, sèche et ensoleillée, confirme la véraison des cépages tardifs et la maturation des raisins se poursuit lentement grâce à des températures diurnes qui se maintiennent au-dessus des 20° durant une semaine entière en octobre En fin de mois, 3 nuits gélives brûlent le feuillage des vignes contraignant à vendanger ceux qui auraient encore voulu attendre.

 

Conclusions :

Le millésime 2012 se caractérise par un retard important de la végétation étroitement lié aux températures trop basses du mois d’avril. Le retard accumulé durant cette période s’est confirmé par la suite et s’est aussi manifesté par une moins bonne résistance aux maladies.

Globalement, l’état sanitaire du raisin peut être considéré comme relativement satisfaisant au vu des conditions climatiques très défavorables mais, dans la plupart des cas, les cépages interspécifiques ont clairement démontré leur meilleure résistance. Les teneurs en sucre se situent, dans la plupart des cas, légèrement en-dessous des moyennes habituelles et les acidités sont généralement plus élevées sans toutefois être excessives. On peut toutefois s’attendre à des vins légers qui risquent de laisser apparaître des saveurs plus végétales.

Lorsque l’on examine les valeurs moyennes des données climatiques de 2012, on est surpris de constater que ce millésime s’inscrit parfaitement dans les moyennes des dix années précédentes. Par contre, lorsque l’on fractionne ces données, par exemple en décades, on perçoit clairement des différences bien plus marquées qui peuvent aider à mieux comprendre les difficultés rencontrées en 2012.