Bilan météo millésime 2008

 Tous les relevés sont effectués quotidiennement en soirée depuis janvier 2003. Avant cette date, je m’étais procuré, auprès de l’IRM, les statistiques 1997 à 2002 de la station de Strée qui est la plus proche dans notre région. Mais l’altitude et l’exposition très différentes de cette station par rapport à la situation de mon vignoble empêchent toute comparaison entre les chiffres antérieurs à 2003 et ceux du tableau. En effet, pour les températures, les écarts sont trop significatifs.

On constate que les mois de mars, août et surtout mai 2008 ont présenté des t° supérieures à la moyenne 2003 à 2008 inclus. Les quatre autres mois présentent des t° légèrement inférieures à cette moyenne.

En ce qui concerne les précipitations, elles ont été supérieures aux moyennes 2003 à 2008 inclus pour tous les mois de la période, à l’exception du mois d’août. Au total de la période, le niveau de précipitations atteint est comparable à celui de 2006. Il faut toutefois préciser que le résultat de 2006 avait été fortement influencé par les pluies particulièrement abondantes de mai et août mais, surtout, il faut se souvenir que les températures moyennes de juillet et août 2006 avaient été bien supérieures à celles de 2008. Il faut aussi tenir compte du fait que 2008 a été fortement influencé par 3 orages (25 juin - 10 juillet – 3 août) dont l’intensité s’est exprimée de manières très diverses selon les endroits.

Conséquences pour la vigne :

Les températures élevées du mois de mai ont déclenché une croissance de la végétation plus rapide et plus importante que d’habitude. Cette croissance s’est poursuivie, au même rythme, jusque fin août en raison de l’abondance d’eau et des températures douces. On a aussi constaté une production de gourmands très importante.

La floraison et la nouaison se sont déroulées de manières très diverses selon les endroits et les cépages. Les précipitations principales de juin se sont produites sur 3 dates (23 litres le 5 – 19 litres le 12 et 23 litres le 25) soit les deux tiers de toute la pluie du mois. Là où la pleine floraison a coïncidé avec ces dates, on a eu à déplorer de la coulure parfois importante ou du millerandage suite à une fécondation déficiente.

L’abondance permanente d’eau dans le sol et la douceur relative des températures ont contribué à favoriser une végétation exubérante et un grossissement important des grains. Elles ont malheureusement aussi créé les conditions les plus favorables au développement des maladies cryptogamiques : du mildiou en particulier. Le lessivage périodiquement répété du feuillage a nécessité l’application d’un nombre de pulvérisations bien plus important qu’en année « normale ».

Les gros orages, cités plus haut, ont provoqué, par endroit, l’éclatement de grains ce qui a nécessité l’application de traitements localisés aux grappes pour prévenir un important risque de développement de la pourriture grise. Chez certains vignerons les dégâts ont été plus considérables en raison de fortes grêles. Ce fût particulièrement le cas à Amay où la récolte est fortement compromise voire perdue.

Conclusions :

On peut dire que le millésime 2008 a été particulièrement difficile. Les conditions trop humides durant la majeure partie de la période de maturation entraîneront vraisemblablement une dilution de la matière. Le mois de septembre, avec une période sèche accompagnée de vent d’est, ainsi que quelques très belles journées en début d’octobre, ont quelque peu ressuyé les sols et pourraient réduire cette incidence.

Pour les cépages hâtifs, cette dilution semble devoir être compensée par de bonnes teneurs en sucre mais on peut s’attendre à des vins un peu légers.

Pour les cépages plus tardifs, l’humidité permanente et le manque d’ensoleillement de l’été pourraient entraîner une insuffisance de maturité qui se traduira par une teneur moindre en sucre et par une acidité plus élevée qu’à l’habitude. Il sera probablement difficile d’obtenir des vins rouges de grande qualité car leur vinification exige une maturité parfaite. 

L’intensité des orages, très différente d’un vignoble à l’autre, ne permet pas de tirer des conclusions uniformes pour tous.

Les nombreuses pulvérisations appliquées sur les grappes pourraient y laisser des résidus plus nombreux. Peut être faudra t-il pratiquer des débourbages plus sévères pour les éliminer sous peine d’entraver la bonne marche des fermentations.

Dans les vignobles où le mildiou a été particulièrement virulent, il sera indiqué d’appliquer, une fois les vendanges terminées, un anti mildiou de contact sur les souches et de répéter l’opération juste après la taille de printemps. Il y est également souhaitable de ramasser les feuilles mortes et de les brûler.