La culture des FUCHSIAS selon un professionnel

 

Le professionnel c’est Geert Bonte, cultivateur à 8890 Moorslede. Voici seize ans, la passion de ce flamand, rieur et sympathique, a débouché sur la création d’une entreprise commerciale aujourd’hui florissante. L’ayant entendu lors d’une conférence, je me fais l’écho de « sa façon à lui » de cultiver les fuchsias gélifs, variétés qu’il est impérieux d’hiverner à l’abri !

Un bon hivernage ne s’obtient que si le végétal est exempt de maladies (rouille, taches noires) et d’attaques d’insectes dont les larves détruisent les racines. Pour y parvenir, la stratégie du professionnel recourt à la confusion sexuelle, aux bactéries anti-insectes et aux pulvérisations fongiques et insecticides.

Le bouturage se pratique vers le 10-15 octobre, au départ de plantes-mères offrant des pousses herbacées sans fleurs. Les boutures destinées à obtenir une suspension, sont débarrassées des feuilles inférieures pour ne conserver que les deux paires supérieures, puis étêtées pour favoriser les percements latéraux et repiquées en dépassant de 8 cm hors sol. Celles qui croîtront sur tige ne sont pas étêtées afin de conserver l’auxine, phéromone de croissance localisée dans l’oeil terminal. Ces boutures s’hivernent à température de 8 à 12°C avec beaucoup de lumière. Le substrat se compose de 50% de terre noire (= terreau universel), additionné de 40% de tourbe blonde (pour l’aération) et de 10% d’argile (pour l’humidité). Mais on peut aussi bouturer au printemps !

La taille des fuchsias s’effectue en automne, peu avant ou peu après une première gelée légère. Sachant que les bourgeons ne se forment que sur les derniers yeux (§ lavande, pêcher), il faut rabattre très court, ôter TOUTES les feuilles et nettoyer le dessus de la terre. Les fuchsias d’un an se taillent à 10/12 cm pour les grosses branches et à 6/8 cm pour les petites. Les vieilles plantes se taillent à 2 cm au-dessus de la taille de l’année précédente.

L’entreposage hors gel s’opère dans une cave, un grenier, une véranda, en entretenant une humidité adéquate pour éviter l’assèchement ou le pourrissement des plants. Si des fuchsias hivernés à l’ombre ont émis des rejets « qui filent », on rabat ces pousses sur empattement à ½ cm. Qui possède un vieux congélateur peut aussi hiverner en ôtant les pots et en y superposant les fuchsias couchés en strates séparées par une couche de tourbe blonde. Mais dans ce cas, il faut bien vérifier que lors de la taille, il ne subsiste que du bois aoûté. Car toute pousse herbacée, non supprimée, engendrerait la pourriture ! 

La reprise vers la mi-février est synonyme de sortie de cave, d’exposition à la lumière, de bonne température et d’entretien de l’humidité. On ré-empote avec de la nouvelle terre, on engraisse et on commence le pinçage.

L’engrais NPK 10-52-10 s’utilise pour les jeunes boutures, et le NPK 20-20-20 pour les plantes adultes. Cela à raison de 20 g par semaine dilués dans 10 litres d’eau. Ces 20 g ne se donnent pas en une fois, mais sont répartis sur la semaine au fil des arrosages. Arrosages dont la fréquence varie selon le temps et les besoins individuels de chaque plante. Gare à l’excès d’eau permanent, il induit le pourrissement des racines ! Pour éviter cet inconvénient, sachez qu’il existe des pots munis d’un réservoir à trop-plein.

Robert Coune