CULTURE DES ROSIERS : Compte-rendu de la conférence de Michel Brasseur le 19/12/2011 rédigé par Roger Dupont avec l’appui de ses lectures dans la brochure « L’ami des jardins ».

 Les rosiers sont tellement différents entre eux par leurs dimensions qu’ils sont classés par catégories de taille dans la plupart des catalogues.

 Passons en revue les différentes catégories dans lesquelles ils sont habituellement regroupés (à l’intérieur de ces groupes, ils sont, le plus souvent, classés soit par ordre alphabétique soit par couleur).

Les buissons : Ce sont les rosiers les plus populaires. Il s’agit des traditionnelles variétés à grosses fleurs (dites autrefois « rosiers nobles ») et des buissons à fleurs groupées ou floribundas. Leurs dimensions varient de 50 cm à 1 m de hauteur pour une largeur de 40 à 80 cm.

Peu ramifiés, ils portent généralement leurs fleurs (solitaires ou en bouquet) au bout de jeunes rejets fermes et dressés qui, grâce à une taille appropriée, se forment tous les ans sur une charpente maintenue entre 30 et 50 cm de hauteur.

Les rosiers botaniques : Ils revêtent naturellement une allure arbustive. On les trouve en général dans bon nombre de catalogues de roses anciennes.

 Certains vont présenter des formes horticoles à fleurs doubles comme Rosa Californica plena (de couleur rose brillant).

D’autres, comme Rosa glauca (rubifolia) ou encore Rosa mayesii, forment de véritables arbrisseaux à la silhouette légère et aux dimensions imposantes. Ce sont, en règle générale, des rosiers rustiques qui ne rechignent pas devant un sol pauvre. Ce type de silhouette haute et bien ramifiée est également commun parmi les variétés les plus anciennes. Souvent, leur port est souple et leurs branches retombent sous le poids des corolles ce qui leur donne une allure très romantique.

Les rosiers arbustifs : La vie moderne exigeant de raccourcir le temps consacré à l’entretien, les créateurs s’emploient à sélectionner des rosiers arbustes dont la taille et l’entretien sont très réduits. Ces rosiers portent d’abondantes petites roses fraiches et délicates. Il en existe deux types :

  • Les rampants ou couvre-sol dont l’étalement excède nettement la hauteur (comme Mirato, Lac blanc ou Lac Rosé.
  • Les arbustes proprement dits, érigés, bien ramifiés et touffus dont les dimensions atteignent 1 m à 1,50 m de hauteur pour une envergure d’un mètre environ. On en trouve avec un port souple et ouvert comme le classique Centenaire de Lourdes, le Robusta ou le Smarty dont les branches souples s’évasent et retombent vers l’extérieur. D’autres forment des buissons touffus comme Castor, Pollux ou Lavender Dream. Quant à Bingo, c’est un superbe églantier qui forme une véritable boule couverte tout l’été de petites corolles blanc et rose.

Les rosiers grimpants et sarmenteux : Ces rosiers émettent de longues tiges, plus ou moins souples, que l’on peut attacher de manière à garnir un support ou un mur. Ils ne sont pas équivalents. Certains conviennent très bien pour une arche mais sont déconseillés pour une façade. Certains peuvent grimper jusqu’au toit alors que d’autres ont tout juste la force de recouvrir un pilier. On distingue :

  • Les grimpants à tiges souples ou rosiers lianes que l’on trouve essentiellement parmi les hybrides de Rosa multiflora, Rosa Luciae, Rosa Nichuraiana et Rosa sempervirens. Ils portent, le plus souvent, de petites corolles simples ou doubles, en bouquets souples au tombé gracieux. Excepté quelques rouges issus de Crimson Rambler, leurs tonalités sont plutôt pâles. En général, ils ne fleurissent qu’une fois mais de manière spectaculaire. Les plus connus sont : Dorothy Perkins (rose brillant) et Excelsa (rouge).
  • Les sarmenteux proprement dits qui se recrutent plutôt chez les hybrides de thé. Parfois, ce sont des grimpants d’origine, c’est-à-dire qu’ils n’existent que sous cette forme, c’est le cas de Belle de Londres. Mais le plus souvent, ce sont des mutations grimpantes de buissons (en général vigoureux) dont une branche s’est allongée et dont on a conservé le nouveau caractère par greffage. Dans ce cas, la rose peut être légèrement modifiée (teinte, forme, dimensions). Souvent, ces mutations sont moins remontantes que la variété initiale. Leurs noms commence ou fini par les lettres CLBG (climbing).

Les rosiers nains et miniatures : Ils n’excèdent pas une vingtaine de centimètres de hauteur. Quant à ceux que nos voisins anglais appellent Roses de patio et qui atteignent 40 à 50 cm de hauteur, nous les appelons nains et les classons parmi les arbustes.

Rosiers nains et miniatures forment de petits buissons, le plus souvent dressés et légèrement évasés, et leurs fleurs sont généralement proportionnées à leur développement.

Les rosiers semi-grimpants : Ce sont des arbustes dont les grandes tiges peuvent être palissées mais qui se montrent également suffisamment rigides que pour en faire un grand arbuste. Pour les reconnaître, il y a 2 critères : il doit s’agir de petits grimpants (moins de 3 mètres) et leur bois doit être suffisamment dur et épais pour ne pas s’effondrer sous le poids des roses.

Les rosiers tiges et demi-tiges : Il s’agit de formes inventées. C’est à une technique particulière de greffage que l’on doit ces formes : au lieu de placer le greffon au ras du sol, on l’insère au sommet d’un sujet de 1 m de hauteur (demi-tiges) ou de 1,8 m (tiges). Ainsi greffés, les buissons donnent des rosiers en bouquet évasé. Les grimpants à tige souple et les grimpants modernes comme Perle Meillandecor donnent des pleureurs. Sur les demi-tiges, on greffe de petites roses à tige souple.

La culture des rosiers 

 Le rosier s’accommode un peu de tous les sols avec une prédilection pour les sols plus ou moins argileux.

 Le trou de plantation doit être proportionnel à la taille du rosier : 25 cm de côté pour les miniatures, 35 à 40 cm pour les buissons et 50 à 60 cm pour les arbustes et les grimpants. 

 Au fond du trou, on dispose du terreau mélangé à de la corne broyée, puis du fumier composté. La corne broyée, à décomposition lente, assure une réserve de nourriture à long terme. Eviter le contact des racines avec du fumier frais : il pourrait favoriser l’apparition de pourridié ! Le fumier frais doit toujours être recouvert d’un mélange de terreau et de terre de jardin.

 Avant plantation, on procède à un « habillage » des racines : on les recoupe de quelques centimètres, on les « praline » en les trempant dans un mélange boueux composé de terre et de bouse de vache. La bouse contenant de l’urée (azote), elle favorise l’émission de nouvelles radicelles. Enfin, on répartit les racines tout autour d’un cône constitué de terreau au fond du trou de plantation puis on rebouche en tassant pour éviter le dessèchement des racines.

Fumure d’entretien 

 Le rosier est gourmand et épuise assez rapidement le sol, il faut donc lui apporter des engrais et des matières organiques : ceux-ci varient au cours de l’année. Sur les emballages des produits, figurent les périodes au cours desquelles ils doivent être utilisés : elles correspondent au cycle végétatif de la plante.

 Au printemps, les rosiers ont besoin d’un engrais riche en azote qui sera fourni par du terreau ou par du fumier composté. On peut aussi utiliser du sang desséché, de la corne broyée ou de la poudre d’os. En cours de végétation, on apportera un engrais riche en acide phosphorique que l’on trouve dans la farine de viande, et dans les cendres de feux de jardin et de feux de bois. Les cendres doivent toujours être saupoudrées à la surface du sol car, en trop grande quantité et lessivées par les pluies, elles brûleraient les racines. Pour les mêmes raisons, elles ne doivent jamais être placées dans le trou de plantation. Comme elles contiennent également de la potasse, elles constituent aussi un bon engrais pour l’hiver : en effet, la potasse permet à la plante de stocker des réserves et elle améliore la résistance aux maladies, en particulier à la rouille. La plante a aussi besoin d’oligo-éléments, en particulier de magnésie, qui permet l’obtention de belles fleurs et contribue à lutter contre la chlorose. Cet élément est présent dans le compost ainsi que dans la farine de viande.

Les engrais Roburgine et Viano sont des engrais à répartir en deux fois : la première en mars avril, la seconde au moment de la deuxième floraison.

Vis-à-vis des maladies et des insectes ravageurs, le commerce propose une multitude de produits qu’il est souvent plus judicieux de remplacer par des tisanes de plantes aux effets moins toxiques.

 

Adresses utiles (professionnels de l’horticulture spécialistes des roses)

  • Daniel Schmitz – Roses du temps passé – 19A, Bellevaux – 4960 Malmedy – 080/33.75.34
  • SA Pépinières Godefroid – 139, rue de Spa – 4970 Francorchamps – 087/27.51.13
  • Pépinières de Louveigné – 38, rue de la Gendarmerie – 4141 Sprimont – 04/360.80.98
  • L’ami des jardins, 19, rue d’Orléans, 92523 Neuilly-sur-Seine Cedex
  • Abonnement L’ami des jardins : 18, rue Victor Hugo, 60507 Chantilly Cedex.