CULTIVER LES HARICOTS N’EST PAS TOUJOURS FACILE !

 

Légume frileux venu d’Amérique du Sud, le haricot exige un minimum de chaleur pour germer. Les variétés naines réclament 10° C. et ne se sèment qu’après le 12 mai. Et encore, vaut-il mieux choisir une variété à graines noires pour les premiers semis. Les haricots à rames se sèment après le 16 mai, lorsque la température atteint au moins 15° C. Mais même après ces dates, une météo instable et une alternance importante des températures peuvent perturber la levée et causer une croissance défectueuse. Ainsi, malgré un bon départ, la croissance peut être troublée par une chute nocturne des températures. D’autres facteurs peuvent aussi influencer négativement la culture ; par exemple une profondeur excessive du semis (maximum 3 à 4 cm selon la texture du sol).

Tout bon jardinier sait que les haricots, comme toute légumineuse, possèdent la singularité de présenter sur leurs racines des nodosités qui sont des réservoirs d’azote. Aussi, en fin de saison, si on prend soin de ne pas arracher, mais bien de couper les haricots au ras du sol, ces nodosités constitueront un engrais directement assimilable pour la culture qui suivra. Or, le développement de ces nodosités dépend de la présence de bactéries vivant dans la couche aérobie du sol (la rhizosphère = moins de 25 cm). D’où l’importance d’un sol adapté, non fatigué par des cultures successives de légumineuses, bien travaillé en profondeur avant l’hiver et remué superficiellement au printemps. Ces bactéries favorables répugnent aux terres calcaires et au chaulage, dès lors le caractère humifère de la parcelle s’obtient avec des terreaux acides, ou éventuellement en acidifiant par un apport de soufre. Des terres récemment mises en culture peuvent aussi manquer de ces bactéries !

Il est bien connu que fumier et fientes de volailles sont nuisibles pour les légumineuses. Trop riches en azote, ils inhibent la floraison au profit de la croissance (coulure). Mais si les haricots ne réclament pas ou peu d’azote, ils sont cependant voraces. Aussi, avant les gelées, une fertilisation avec un engrais en poudre, pauvre en azote, est la bienvenue.

Un autre problème parfois rencontré est l’excès de chaleur qui peut faire avorter les fleurs. Ou encore comme en 2010, une sécheresse du sol qui stérilise la floraison. Pour pallier au manque d’humidité, il faut alors ameublir superficiellement la terre sans abîmer les radicelles, et couvrir d’un paillis organique avant d’arroser. L’arrosage doit se faire en évitant tout ensoleillement, donc de préférence en soirée afin de permettre une absorption plus longue.

Une dernière difficulté peut aussi se rencontrer lorsque l’écartement des lignes est insuffisant, car il prive les fleurs de la lumière indispensable, ce qui réduit la récolte.

Voilà rappelées des recommandations précieuses qui m’ont été apprises il y a bien longtemps, par la lecture d’un numéro de la revue « Notre Jardin ». Recommandations que j’essaie d’appliquer le mieux possible depuis 1974.

 Robert Coune