Les groseilliers et le murier

(résumé de la conférence « Petits Fruits » donnée par André Sansdrap le 09-01-2011)

Arbrisseaux rustiques appartenant au genre « Ribes », originaires d’Europe du Nord, d’Asie et d’Amérique, les groseilliers sont bien adaptés à notre climat. S’ils supportent une ombre légère, ils aiment une situation ensoleillée. Ils réclament une bonne terre de jardin, drainée, profonde, régulièrement fumée et propre, au pH compris entre 5 et 6,5.

Multiplication par bouturage : quelle que soit la variété, dès l’automne prélevez des pousses de l’année, saines, longues de 25 à 30 cm. Plantez-les en pépinière ou directement en place dans un sol bien préparé (compost et sable), en laissant dépasser 2 yeux.

Le cassissier (= ribes nigrum) et la casseille ou Josta (= hybride cassis/gr. à maquereaux), se cultivent en forme de buisson, s’espacent de 2 m à 2,50 m et produisent sur le bois d’un an. Au moment de la récolte, aérez le centre du buisson en ôtant ou en raccourcissant le vieux bois. Supprimez le bois d’un an sur empattement (= couper en laissant un chicot avec yeux latents) ou avec empattement (= couper au ras de la branche) pour provoquer ou non des repercements qui fructifieront l’année suivante. Règle de taille : revenir le plus bas possible sur la charpentière au-dessus d’un rameau d’un an vigoureux.

Le groseillier épineux ou « à maquereaux » (= ribes uva-crispa) se cultive en buisson, mais aussi en espalier à 2 ou 3 tiges de 1m30 à 1m40 de haut. Les espaliers 2 tiges s’espacent de 80 cm et les 3 tiges d’un mètre. Le groseillier épineux produit sur le bois d’un an (gros fruits) ou de deux ans (fruits + petits). La taille consiste à supprimer sur empattement une partie du bois d’un an pour assurer un renouvellement suffisant en bois jeune. Sensible à l’oïdium, il existe aujourd’hui de nouveaux cultivars lui résistant. Variétés : en blanc (Invicta) – en rouge (Pax) – en jaune (Early SulphurHimmomaki) – etc.

NB : l’appellation « à maquereaux » trouverait son origine dans une recette culinaire anglaise qui associe ces groseilles à ce poisson de mer.

Le groseillier à grappes (= ribes rubrum) produit ses fruits sur le bois de 2 ans (rouges, roses ou jaunes). L’amateur le forme en buisson, alors que le professionnel le cultive palissé sur fils avec une seule tige (= en fuseau) atteignant 1m80 de haut ou en espalier à 3 charpentières. Dans tous les cas l’écartement entre branches fruitières est de 30 cm. Peu sensible aux maladies, le groseillier à grappes est parfois parasité par les acariens et les pucerons.

Taille (février) : ventilez en aérant - supprimez les repercements à la base et les rameaux en excès ou mal placés – conservez les branches du bas plus longues que celles du haut – étêtez les rameaux pour provoquer des repercements que vous raccourcirez à 5 cm de long l’année suivante.

Variétés : Albatros – Jonker - PrimusRondomRouadaStanzaVersaillais – etc.

Le MURIER SAUVAGE ou ronce commune, est un arbrisseau vivace, mellifère, de la famille des rosacées, dont les rameaux épineux peuvent atteindre 2 à 3 mètres et plus. Aimant une exposition ensoleillée, peu exigeant sur le choix du sol, il fructifie sur le bois d’un an et se cultive palissé sur 3 fils, distants du sol de 40 cm, 1m20 et 1m80. La taille, identique à celle des framboisiers, consiste à supprimer les bois ayant fructifié et à garder 5 ou 6 pousses de l’année pour la production de l’année suivante. Des variétés non épineuses existent : Thornless Evergreen, Loch Ness, etc.

Peu sensible aux maladies, le mûrier se multiplie par marcottage. A savoir : la gelée de ronce, très colorante, sert d’encre à cacheter les viandes. A signaler aussi, car recommandée pour la confiture, la Tayberry (Rubus × loganobaccus) est une hybridation épineuse de la ronce et du framboisier donnant de gros fruits rouges, longs de 3 à 4 cm, fructifiant sur bois de 2 ans (§ framboisier).

Robert Coune