UNE HAIE MELLIFERE

A l’heure où l’on parle bio-diversité, où le ministre Ludgens lance son plan « Maya » et encourage les communes à fournir un effort pour aider les insectes pollinisateurs, je me permets de résumer un article paru dans la revue « Abeilles & Cie » de sept.-oct. 2010. Il est signé Marc Eylenbosch.

Deux types de haie vive s’offrent à nous, taillée ou libre. La haie taillée, haute de 1 à 2 m, régulièrement entretenue, empêche beaucoup de plantes de fleurir. Ce qui limite le choix des variétés. Néanmoins, en adoptant une distance de plantation de 30 à 50 cm, nous pourrons opter pour des arbustes tels le cornouiller mâle (cornus mas), le pyracantha et l’épine vinette commune (Berberis vulgaris).

Une clôture métallique en treillis permet une alternative, sur laquelle peuvent grimper la clématite des haies (Clematis vitalba), le chèvrefeuille (Lonicera periclymenum) ou l’hydrangea grimpant (Hydrangea petiolaris). Ce dernier, recommandé pour l’ombre, attire les abeilles malgré tout.

La haie libre, haute de 2 à 4 m. permet un choix plus large. Mieux vaut éviter les haies monospécifiques, fragiles car plus sensibles aux maladies, et préférer mélanger les espèces de façon aléatoire pour obtenir un effet naturel. Au début, nous veillerons à tailler les variétés les plus vigoureuses pour égaliser le développement. Idéalement, nous planterons sur deux rangs, avec 1 m entre les plants et 1 m entre les rangs. Cela assure une surface de floraison de 5 m² pour 1 m² d’occupation au sol. Parmi les espèces indigènes recommandées, nous trouvons :

  • Le cornouiller mâle (Cornus mas) floraison en février-mars ;
  • Le prunellier (Prunus spinosa) floraison en avril ;
  • L’argousier (Hippophae rhamnoïdes) floraison en avril-mai ;
  • Le cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) floraison en mai-juin ;
  • La viorne obier (Viburnum opulus) floraison en mai-juin ;
  • Le rosier rouillé (Rosa rubiginosa) floraison en juin-juillet ;
  • Le troène commun (Ligustrum vulgare) floraison en juin-juillet ;
  • La bourdaine (Rhamnus frangula) floraison de juin à septembre.

Les symphorines qui fleurissent de juillet à septembre, conviennent parfaitement pour garnir le bas de la haie. Nous pouvons aussi y insérer le chèvrefeuille et la clématite déjà cités, de même la gesse sauvage (Lathyrus sylvestris) et la bryone dioïque (Bryonia dioïca) qui fleurissent de juin à août.

Et pour les grandes propriétés ? Pourquoi pas recourir à une haie brise-vent, de 4 à 10 m de haut, voire plus, en plantant tous les 2 m dans la ligne, avec un 2ème rang en alternance séparé du premier de 1 m. La surface de floraison ainsi obtenue, atteint 11 m² pour 1 m² d’occupation au sol. Les variétés déjà citées peuvent composer l’étage inférieur. Pour l’étage supérieur, nous retiendrons l’aulne glutineux (floraison févr-mars), le saule marsault (fl. mars-avril), le robinier (fl.juin), l’érable champêtre (fl. avril-mai), l’aubépine (fl. mai-juin), le cerisier à grappes (fl. mai-juin), le robinier faux-acacias (fl.juin), le tilleul à petites feuilles (fl.juin-juill), le châtaigner (fl.juin-juill).

Nous pouvons y ajouter les plantes grimpantes reprises ci-avant, ainsi que le lierre et divers rosiers lianes, généralement aux petites fleurs blanches parfumées (*) à très parfumées (**) comme Rosa filipes (** larges corymbes, 4 ou 5 m), Rosa helenae (** 3 à 4 m), Rosa longicuspis (**énormes corymbes, 5 à 6 m), Rosa rubus (*grandes grappes, 5 m), Rosa filipes kiftgate (* en gros bouquets, 7 à 8 m), Seagull (précoce, vigoureux, énormes corymbes, 4 à 5 m), Toby Tristam (tardif, grandes grappes, 8 m) et Wedding Day (** vigoureux et sain, gros bouquets, 7 à 8 m).

 Robert Coune d’après Marc Eylenbosch