La grande CONSOUDE, plante engrais.

Amie du jardinier bio, la grande consoude est aujourd’hui très à la mode. Elle doit son nom à sa réputation d’aide à la cicatrisation des plaies et à la consolidation des fractures. Déjà repris dans un texte de 1225, le mot consoude dérive du latin « consolidare » qui signifie consolider, affermir.

Présente dans toute l’Europe et en Asie orientale, la grande consoude appartient à la famille des boraginacées (bourrache, myosotis, etc.) et au genre symphytum qui offre de nombreuses variétés (officinale, hérissée, du Caucase, de Russie, etc.). Des hybridations très intéressantes, issues de la c. de Russie, ont été obtenues par le centre agronomique anglais de Bocking en 1955. Ainsi, les variétés Bocking 4, à usage fourrager, et Bocking 14, à usage horticole, contiennent respectivement 4 % et 14 % de potasse. D’où un intérêt évident !

Aspect- composition-utilisation : la grande consoude aime les terres lourdes, riches et humides (soleil et mi-ombre). Haute de 60 à 200 cm selon la variété, vivace, herbacée pérenne, elle possède une racine pivotante pouvant atteindre 1m80. Dès le mois de mai, elle offre en grande quantité : vitamines A et C, azote, phosphate, potasse, calcium et oligo-éléments. D’où la réputation de la qualité de son purin qui équivaut à celle d’un bon fumier. Le feuillage fournit 3 à 4 récoltes de mai à octobre.
Les feuilles, grandes, pointues, à poils raides, sont consommables en potage, panées à la poêle ou à la friture. Mais, gare à ne pas les confondre avec celles de la digitale ! Surtout avant la floraison (juin à juillet) quand seuls les distinguent le bord du limbe (continu pour la consoude et discrètement festonné pour la digitale) et le toucher (doux et laineux pour la digitale). Nectarifère, la fleur attire les bourdons. La corolle rose pourpre, aux longs pétales soudés, bleuit après pollinisation. La multiplication s’effectue par dissémination des graines (akènes) ou par éclat des racines, voire par bouturage des tiges. Très invasive, il est impératif de la maîtriser !

Purin de consoude : placer des feuilles hachées grossièrement (1 à 2 kg par 10 litres d’eau de pluie) dans un sac à fin treillis. Le suspendre dans un récipient « non métallique », ajouter l’eau, et laisser macérer durant 3 à 4 semaines en agitant de temps à autre. La décoction (mêmes proportions) s’avère une alternative plus rapide mais se conserve moins longtemps. Ce purin s’utilise non dilué, en arrosage au pied des arbres, des plantes et des légumes (surtout ceux gourmands en potasse tels, pommes de terre, pois, haricots, choux, céleris, tomates, etc.)

Autres utilisations : en couverture du sol entre les rangs de tomates ou de pommes de terre. Dans les trous de plantation (tomates, cucurbitacées) en association avec l’ortie. Dans le compost.

NB : la consoude s’emploie aussi en extrait fermenté. Cela fera l’objet d’un prochain article.

Robert Coune