La ROUILLE GRILLAGEE du poirier … une maladie fongique à combattre entre mai et juin !

Connue depuis le 19ème siècle en Europe, en sommeil depuis la fin des années ‘50, cette maladie a fait sa réapparition voici une quinzaine d’années. Surtout dans le jardin des amateurs peu enclins aux pulvérisations. Elle s’attaque aux feuilles, rarement aux fruits. Elle paraît bénigne, mais au fil des saisons elle devient redoutable. Elle peut annihiler la récolte, voire provoquer la mort du poirier !
L’agent causal de la rouille grillagée est le champignon Gymnosporangium fuscum ou sabinae dont le cycle complexe nécessite deux hôtes. Un hôte principal qui est le conifère Juniperus (= genévrier) et un hôte secondaire, le poirier. Il faut savoir que les genévriers communs sont résistants à la rouille. Seules les variétés ornementales sont vectrices (Juniperus sabinae, chinensis, virginiana, oxycedrus, macrocarpa, robusta green, keteleeri, etc.). Ce sont ces cultivars ornementaux qu’il faut éradiquer.

Les symptômes sur genévrier : en avril-mai les rameaux attaqués présentent des verrues brun orangé qui enflent et libèrent les spores qui contamineront les poiriers. Les verrues se dessèchent et cicatrisent en bourrelets reconnaissables durant des années.
Les symptômes sur poirier : fin mai, sur la face supérieure des feuilles, apparaissent des taches circulaires jaunes, puis orangées parsemées de pustules noirâtres. En juillet-août, la face inférieure des feuilles se boursoufle, puis des excroissances verruqueuses se développent et laissent échapper les spores de contamination. Lors de fortes attaques, des rameaux herbacés présentent des tumeurs qui les dessèchent, des fruits en formation et leur pétiole se tachent, se nécrosent et meurent. La photosynthèse perturbée, l’arbre s’affaiblit, la production de fleur diminue, et après 2 à 3 ans, elle peut même cesser.

Lutte préventive sur genévrier : dans un rayon de 1 km, « supprimer » les Juniperus atteints. NB : le mycélium est présent dans le bois avant l’apparition des symptômes.
Lutte préventive sur poirier : ramasser et détruire les feuilles infectées.
Lutte chimique sur poirier : selon le temps, dès le début ou la mi-mai, jusqu’à la mi-juin, à 8 jours d’intervalle, effectuer 4 à 5 pulvérisations de dithiocarbamates (zinèbe, manèbe ou mancozèbe). Noms commerciaux : Dithane, Antracol, etc. Alternative : bouillie bordelaise.

Robert Coune
(texte rédigé d’après des informations publiées par le CRA-W Gembloux)