Tailles en vert

Elles comprennent toutes les opérations réalisées par le vigneron pour compléter voire corriger les effets de la taille d’hiver. Leur but est également d’assurer un bon équilibre entre la végétation et la fructification. Elles se pratiquent tout au long de la période végétative de la vigne, depuis le débourrement jusqu’à la maturité. Pour ceux désireux de suivre les rythmes lunaires, toutes ces opérations doivent se pratiquer en jour fruit et lune descendante

Ebourgeonnage :
Il se pratique après le débourrement, en avril ou en mai, et a pour but de supprimer les yeux excédentaires ou mal placés sur la souche ; par exemple, les yeux dits "à 6 heures" c’est à dire ceux tournés vers le sol. Les yeux conservés sont également choisis pour obtenir une bonne répartition de la végétation. Certains vignerons, craignant les gelées tardives, retardent l’ébourgeonnage jusqu’après les "Saints de Glace".

Epamprage :
Cette opération, analogue à l’ébourgeonnage, se pratique de fin mai à mi-juin lorsque les pampres atteignent 10 à 15 centimètres de long. Elle permet de sélectionner les rameaux les plus beaux au détriment des plus chétifs et de leur assurer une croissance plus vigoureuse. Elle permet également de supprimer tous les gourmands issus de la souche et qui, par leur proximité par rapport au sol, pourraient constituer les foyers primaires du mildiou. Pour les jeunes vignes, on limite l’épamprage au strict nécessaire afin de ne pas trop réduire leur surface foliaire. Dans le cas où l’on envisage un rajeunissement du cep, c’est le moment de choisir un beau gourmand bien positionné sur la souche et de le palisser bien droit en vue de la restauration qui sera pratiquée au printemps de l’année suivante.

Désagatage :
Sur les pieds soudés greffés, il arrive que le porte-greffe produise de jeunes pousses dans le sol : ces pousses, les sagates, doivent impérativement être supprimées sous peine d’y détourner une bonne partie de l’énergie de la plante au détriment du greffon qui risquerait d’en mourir. Inversement, lorsque le greffon entre en contact avec la terre, il arrive qu’il produise des racines qu’il faut également couper sous peine de voir le greffon devenir franc de pied, ce qui éliminerait les avantages du porte-greffe et conduirait, progressivement, à la mort du porte-greffe.

Pincement :
Quelques jours avant ou après la floraison, certains préconisent de supprimer l’extrémité des jeunes pousses ce qui a pour conséquence de concentrer momentanément la sève vers les inflorescences favorisant ainsi la floraison et la nouaison. Quelques jours après le pincement, la croissance des rameaux pincés reprend par le développement des bourgeons secondaires situés à l’aisselle des feuilles et qui vont donner naissance aux gourmands aussi appelés bourillons ou rebiots. Comme ils peuvent concurrencer les grappes, qu’ils augmentent les risques de coulure et qu’ils sont peu fructifères on essaye, dans la mesure du possible, de les éliminer sans attendre un trop important développement pour éviter des plaies trop sévères. Le pincement peut être indiqué avec la taille Guyot où il faut pincer les rameaux du long bois pour stopper leur croissance au bénéfice des rameaux du courson qui doivent assurer le bois de taille de l’année suivante. Ces derniers seront pincés plus tard lorsqu’ils auront atteint la hauteur souhaitée. De même, pour le cordon de Royat, le pincement est pratiqué pour équilibrer la croissance des divers rameaux et répartir la végétation de manière uniforme tout le long du cordon.
Signalons encore que certains vignerons complètent le pincement en enlevant un maximum de vrilles car elles aussi détournent une petite partie de la sève. De plus, cette opération facilite grandement la sortie des bois de taille au printemps suivant et contribue au maintien en bon état des fils de palissage ainsi qu’à leur longévité.

Ecimage :
Aussi longtemps qu’il n’est pas réalisé, la vigne continuera de se développer en hauteur jusqu’à la fin de la période végétative (fin juillet) en raison de la dominance apicale. L’écimage se pratique après la floraison lorsque les sarments dépassent le dernier fil et permet de lutter contre la coulure. Mais, la suppression du bourgeon terminal (apex) va activer le développement des bourgeons secondaires qu’il faudra éliminer le plus tôt possible.
On estime que pour assurer une bonne alimentation des fleurs, il faut conserver au moins six feuilles au-dessus de la dernière fleur. Certains conservent, en outre, la première feuille de chaque gourmand, ce qui joue un rôle favorable pour la maturation. L’accroissement de la surface foliaire permettrait ainsi une plus grande richesse en sucre que l’on évalue à 20 grammes par litre de moût. Des essais réalisés en Suisse sur pinot noir en Guyot, à la fin des années 60, ont montré que les meilleures teneurs en sucre étaient obtenues avec 10 à 12 feuilles par sarment.

Rognage :
Réalisé en juillet, il se pratique sur les rameaux déjà bien lignifiés. Il permet une meilleure exposition des grappes à la lumière en réduisant l’exubérance de la végétation et en réduisant l’ombre portée d’un rang à l’autre. Il facilite l’efficacité des traitements par pulvérisation. Il doit cependant rester modéré pour ne pas trop affaiblir les souches : en effet, à chaque rognage, il y a disparition de feuilles adultes et départ de nouveaux gourmands ce qui provoque respectivement une diminution de la photosynthèse (et donc une réduction de la teneur en sucre) et un appel de nourriture vers les nouveaux gourmands (et donc un retard de la maturation qui se traduira par une plus forte acidité).

Effeuillage :
Il consiste à enlever les feuilles situées à proximité immédiate des grappes pour leur assurer une meilleure exposition au soleil. Il se pratique uniquement à la période de maturation. Dans nos régions défavorisées, il présente l’avantage d’obtenir une meilleure coloration des raisins noirs. De plus, en éliminant le fouillis à proximité des grappes, il y assure une meilleure circulation de l’air autour des grappes et amenuise ainsi les risques de pourriture grise. Enfin, il permet également de mieux atteindre les grappes lors des traitements par pulvérisation. Toutefois, il ne faut jamais perdre de vue que ce sont les feuilles, et particulièrement les feuilles adultes qui assurent la production de sucre. En général, les plus vieilles feuilles, situées près des grappes, cessent leur activité bien avant les vendanges (jaunissement ou rougissement) et ne participent donc plus guère à la photosynthèse.

Attachage des rameaux :
Cette opération indispensable est complémentaire du palissage. Elle a pour but de fixer une partie de la végétation de sorte à obtenir une rigidité de l’ensemble notamment pour résister aux effets des vents et aussi garantir en permanence une bonne exposition à la lumière. L’attachage évite aussi le contact des rameaux avec le sol et les contaminations qui en résulteraient. Enfin, il facilite tous les travaux à la vigne en assurant des passages bien dégagés entre les rangs (labours, binages, désherbages, pulvérisations...) Il se pratique à partir de mai lorsque les rameaux dépassent le second fil et se poursuit tout au long du développement de la végétation jusqu’au mois d’août. Comme le palissage, il s’effectue en prenant soin de ne pas étrangler les sarments contre les fils.