Les Bonsaïs

(Résumé de la conférence donnée le 13-02-2011 par Monsieur Olivier Cornet)

L’art du bonsaï naît en Chine voici 800 ans. Réservé à la noblesse, il s’introduit au Japon pour s’y développer au 19ème siècle et y être reconnu officiellement en 1934. L’Europe le découvre dans les années ’60. Voici 12 ans, Monsieur Cornet s’est initié à l’art du bonsaï (littéralement « plante en pot ») en fréquentant des clubs et en suivant des cours auprès du seul maître belge reconnu par les Japonais.

Les bonsaïs se classent selon la taille (moins de 15 cm, de 22 cm, de 75 cm et plus), selon le style (forme libre ou orientation de la branche principale), selon le montage sur roche ou en cascade, et encore selon le nombre d’arbres dans le pot (nombre toujours impair entre 1 et 11).

Toute plante ligneuse peut se conduire en bonsaï. Cependant, les espèces tropicales, fragiles car d’intérieur, réclament des conditions strictes : lumière, humidité et chaleur. Les plantes d’orangerie (méditerranéennes) doivent se rentrer en hiver. Mieux vaut donc s’orienter vers les plantes rustiques de nos contrées, comme l’érable, le genévrier, l’azalée, etc. En respectant les exigences des variétés choisies (sol neutre ou acide, exposition ensoleillée ou mi-ombragée), et surtout en évitant les maladies. Comme nombre d’entre-elles se propagent par le sol, il est bon de placer tous les sujets sur hauteur.

Souvent de importés de Chine, le commerce offre des bonsaïs de peu d’intérêt, car de piètre qualité. L’art du bonsaï n’a de signification que si l’on cultive et taille soi-même. Naissent alors plaisir et satisfaction. On peut semer (misho), bouturer (sashiki) ou prélever le sujet dans la nature (yamadori), puis élever en pot quelques années avant de tailler. Plus directe et facile est l’importation par filières spécialisées, de pré-bonsaïs en pot destinés à la taille immédiate.

Dans la pratique, la taille consiste à choisir les faces avant et arrière du sujet. Puis, après avoir élu la branche principale, à valoriser le tronc par l’élimination des branches inutiles en taillant avec ou sur empattement. Ensuite, il faut structurer l’ensemble en orientant les branches secondaires, par pliage et maintien dans la position désirée. Cette pratique est facilitée par l’enroulage autour des branches, d’un fil de cuivre ou d’aluminium de diamètre proportionné. Ou encore par simple haubanage. Ce travail fait intervenir des notions de composition, de structure, d’équilibre, de contraste, d’asymétrie, de mise en valeur (rapport table/support, voisinage de plante d’accent). Toutes notions communes aux arts plastiques qui justifient la qualification « d’art » du bonsaï.

Quelques recommandations :

  • La taille d’entretien s’effectue 3 à 4 fois l’an, généralement en recoupant les pousses indésirables à 2 feuilles, mais toujours après floraison.
  • Le rempotage (tous les 2 à 6 ans selon l’âge et la vitesse de croissance) se réalise idéalement au printemps, en supprimant les racines mortes ou trop longues afin de favoriser la ramification des radicelles. L’arbre est toujours positionné en décalage asymétrique dans un pot drainé, aux proportions en accord avec sa forme.
  • Le substrat, drainant et pauvre en nutriments, varie selon les espèces et se compose de granulés d’akadama, de pouzzolane, de pumice et de sable grossier.
  • L’arrosage est délicat, il s’adapte en fonction des conditions atmosphériques, des saisons et des besoins nutritifs (NPK). Attention à la pourriture des racines !
  • La couverture du sol par différentes mousses ou cailloux parachève l’esthétique.
  • Le tronc se valorise par un huilage adéquat.
  • Les feuillus s’hivernent au froid, à l’extérieur, même sans lumière (dans un abri de jardin) mais toujours hors sol !

Pour plus d’informations, contactez Monsieur Cornet : 22, rue du Tumulus à 4.500 Waremme – tél. 0477-218.192 - ouvert le samedi de 10 à 18h et le dimanche de 10 à 13h.

Robert Coune