Les ANALYSES de TERRE

(résumé de la conférence donnée par Mr Vanvyve le 14-11-2010)

En introduction, Monsieur Dominique Vanvyve, ingénieur ir. et directeur de la Station provinciale d’Analyses agricoles de Tinlot, présente sa profession, son lieu de travail et le coût financier d’une analyse de terre (50 € dont 80 % subsidiés par la Région Wallonne, soit 10 € payés par le demandeur et 40 € par la collectivité).

Puis, sans entrer dans la complexité de la chimie, il résume les besoins des plantes, leurs mécanismes de fonctionnement et leurs rapports avec le sol. Sol, dont la structure peut être grumeleuse à compacte selon sa teneur en sables ou en limons. Une structure grumeleuse augmente la porosité, et donc facilite la circulation d’air et d’eau, favorables à la vie microbienne et au développement des végétaux.

Pour nous faire comprendre combien il est impératif d’être parcimonieux dans l’engraissement de notre potager, il illustre son propos par cette expérience d’une plante développée en pot qui atteint le poids de 76 kg en n’ayant consommé que 60 g de son substrat. Il faut savoir que le poids d’une plante se compose à 95 % de carbone, d’oxygène, d’hydrogène, plus de l’eau qui sert de véhicule aux différents éléments. Oligoéléments et métaux lourds pèsent 1 %. Le complément regroupe les seuls paramètres sur lesquels peut influer le jardinier, soit 4% : azote (N), phosphate (P), potasse (K), magnésium (Mg), calcaire (Ca) et soufre/acidité (S).

Comprendre aussi l’importance du mécanisme des racines, qui par leurs poils absorbants, emmagasinent les matières du substrat (N-P-K etc.) dissoutes par l’acidité organique générée par l’échange des ions négatifs d’hydrogène et la désagrégation du sol sous l’effet du climat et de la rhizosphère. Savoir aussi qu’un kilo de sol fertile contient 30.000.000 de protozoaires, nématodes, vers, etc., qui sont les ouvriers de l’assimilation, et 3.000 milliards de bactéries, plus 450 sortes de mycènes (champignons). Deux grammes de terre contiennent autant d’organismes vivants que d’individus sur la planète. Organismes qui garantissent le bon développement de nos cultures. Il convient donc de les gérer et de les protéger efficacement !

Monsieur Vanvyve attire aussi notre attention sur l’importance du Complexe Argilo Humique (CAH) lié à la capacité d’échange cationique (CEC). En résumé, d’un point de vue chimique, argile et humus, chargés électro-négativement, ne devraient pas se lier, mais ils y parviennent et floculent grâce à la présence de calcium et au travail des micro-organismes et des vers de terre. Cette association retient les cations de la solution nutritive du sol (N-P-K), alors que les anions sont lessivés. Il est important de savoir que c’est lorsque l’état calcique, appelé « pH », se situe vers 6,5 que les échanges sont le plus facilités. C’est donc au jardinier de participer à la stabilité du sol par des apports adéquats : amendements calciques pour réguler le pH et amendements organiques pour améliorer la structure. Sans oublier le maintien de l’humus et de l’aération du sol par des pratiques culturales respectueuses de la vie microbienne.

Mais retenons surtout de l’exposé, que pour être efficaces et fiables, les échantillons à analyser doivent répondre à certaines exigences. Ils doivent s’effectuer dans la profondeur où vivent les racines, et donc ils varient selon qu’il s’agit d’un gazon, d’un potager ou d’un verger. Une analyse régulière est souhaitable (tous les 4 ans) et se pratique toujours à la même saison, si possible dans les mêmes conditions.

Mode opératoire : à différents endroits de la parcelle à analyser, prélever une tranche de terre épaisse de 1cm. Réunir, mélanger intimement et ensacher 150 à 300 g de terre à faire parvenir au 110, rue de Dinant à 4557-Tinlot. Sachet d’expédition et formulaire d’inscription s’obtiennent sur simple coup de téléphone (085-27.86.10) ou fax (085.51.26.66). Les résultats parviennent dans les trois semaines.

 Robert Coune