Produire ses graines soi-même

Résumé de la conférence donnée par Mr Herman Ferrière le 13 mars 2011.

La Belgique serait le pays le plus réglementé en matière de production de graines ! Si autrefois, nos pères conservaient une partie de la récolte pour réensemencer l’année suivante, en « grainant » eux-mêmes, ils respectaient certains principes indispensables.

Une première évidence : toute plante doit se cultiver dans « sa » saison. Une seconde évidence : la sélection doit être sévère. Ainsi, les variétés arbustives qui se reproduisent toujours par semis, sont sélectionnées et éliminées sans pitié si elles ne répondent pas aux normes. Cela, dès l’apparition des premières feuilles ou des premiers entre-nœuds. Le choix des plantes mères doit s’opérer parmi les plus beaux sujets, et leur situation doit les abriter des vents pour parer le risque d’une hybridation sauvage.

Un principe important pour éviter la pollinisation croisée indésirable, est de ne jamais laisser fleurir deux variétés différentes en même temps. Malgré cette précaution, chez les fleurs surtout, il arrive que des caractères différents coexistent spontanément.

Avec les semences F1, ce phénomène n’existe plus. Qualité et régularité sont au rendez-vous, car le commerce actuel oblige à tout pousser, tout récolter et tout vendre en même temps. Cela, afin de libérer le terrain pour permettre une seconde culture. Ce manque d’étalement a comme conséquence, une forte baisse des prix lors des nombreux arrivages sur le marché. Autre conséquence, le prix des graines F1 est exorbitant … sans parler de leur non-reproductibilité !

Ci-après, quelques conseils pour plantes potagères :

TOMATE (et plantes à fruits) : laisser le fruit sur-mûrir jusqu’à obtenir une purée que l’on mélange à du sable du Rhin bien sec. Etendre dans un plateau et laisser sécher à l’air durant 2 à 3 semaines en remuant.

HARICOT : supprimer quelques bouquets floraux pour favoriser les graines. Attention aux fèves attaquées par la bruche (coléoptère) ! Avant semis, tester à l’eau pour éliminer les grains creux qui flotteraient.

POIREAU : pour éviter le ver de la teigne qui hiverne dans le sol, la seule méthode actuelle consiste à désinfecter le sol en mélangeant un insecticide (Shérif 25 g/m²) à du sable du Rhin, à étendre, à semer, à pulvériser du Dimethoate 400 après levée et à désinfecter à nouveau la terre avant repiquage ou employer un voile de protecteur !

CHOU : nécessité d’éviter la piéride pour pouvoir hiverner et obtenir la fleur l’année suivante. Donc, cultiver en association avec le céleri français. Hiverner en pot couvert de terre ou en tranchée avec fond paillé en positionnant les choux tête-bêche (alterner racines en l’air puis en bas), et couvrir de terre. Repiquer au printemps.

CELERI RAVE (à boule) : exigeant en fumure organique, il faut le considérer comme une foliacée et non comme une racine. Il s’hiverne en tranchée avec un maximum de racines.

CAROTTE : semer en mars toutes les 3 semaines et celles d’hiver (à grainer) en mai. Hiverner comme les céleris, puis repiquer avec un plantoir en poussant la carotte en terre jusqu’au collet.

OIGNON (et légumes racines et bulbes) : pour éviter l’attaque de la mouche de l’oignon, semer fin avril en serre froide ou repiquer des bulbes du commerce. A savoir :

  •  il faut sécher les oignons « à l’abri du soleil »
  •  après gelée, l’oignon se régénère
  •  l’oignon de Mulhouse n’est pas un oignon de garde.

Pour qui veut produire ses propres graines, il faut aussi … préserver ses graines du soleil et de la lumière, semer quand la terre est « amoureuse », éviter de piétiner le sol, connaître la durée germinative des graines, tester le pouvoir germinatif par un pré-semis, savoir si la plante est annuelle ou bisannuelle (et dans le second cas, l’hiverner dans de bonnes conditions), prélever les semences au moment où les graines tombent spontanément (placer un réceptacle ?), après 3 ou 4 années d’autoproduction racheter des semences du commerce pour éviter toute dégénérescence, etc.

Robert Coune